Allaiter en famille

Ah l’allaitement… quand on est en pleine réunion de famille c’est toujours un moment particulier. Entre l’étonnement pour certains, la contemplation pour d’autres, l’incompréhension ou son total inverse, le syndrome du jesaistout, pour les derniers, les retrouvailles autour d’un apéro ou d’un repas deviennent vite un débat plus ou moins stérile autour du nichon. Et ce, peu importe que je sois dans ma famille, où l’allaitement a été pratiqué plus ou moins, ou dans ma belle-famille, qui a été quasi exclusivement biberonneuse, c’est toujours la même chose, ils sont tous sur mon dos.

 

Ma famille c’est les jesaistout de l’allaitement. « Tu fais 10-10? » (comprendre « Tu fais 10min sur chaque sein? »), loupé je donne qu’un seul sein à chaque tétée! « mais faut que tu donnes les deux pour qu’il puisse boire assez, car moi c’est ce qu’on m’a dit! » Le « on » c’est qui? Et rappelle-moi quand est-ce que c’était? Voilà, c’était il y a maintenant plus de 25ans, y a eu du mouvement au point de vue idées et études depuis! « Ah, mais parce que moi… », « Non mais pour toi… », « Pour ton frère et toi… », « Avant on faisait comme ça… » etc, etc…

 

Ma belle-famille, elle, c’est un melting pot de sentiments contradictoires et de méconnaissance de l’allaitement. Du coup, j’ai le droit à tout et n’importe quoi, surtout n’importe quoi.

 

Mais d’abord, je veux remettre les choses dans leur contexte. Ma belle-mère a eu 4 enfants élevés aux biberons exclusivement. Cette année, c’est l’année du bébé chez les B., mes 2 belles-soeurs et moi avons chacune accouchées de notre premier enfant. Et dans l’ordre chronologique s’il-vous-plaît, c’est-à-dire, de la plus âgée à la plus jeune. L’aînée a accouché le 25 janvier, allaitement foiré (mauvaise prise en charge, manque d’information et de volonté selon ses propres mots), l’expatriée en Angleterre le 19 avril et moi le 29 avril. L’expatriée et moi allaitons. Mon seul « allié », leur seul point de référence (non parce que chez les B. faut toujours comparer, car « Nous on est des critiqueurs professionnels! » dixit mon beau-père.) se trouve donc outre-manche. La conséquence directe est que je me retrouve à être comparé à l’aînée, il veulent ainsi que mon fils se calque sur son cousin. Sauf que voilà, le cousin est 3 mois plus vieux = pas le même stade de développement, et il est au biberon = pas le même comportement. Même si de toute manière tous les enfants sont différents. De plus nous avons, ma belle-soeur et moi, des caractères, ainsi que des attitudes de mère, qui diffèrent grandement.

 

Tout ceci amène donc à des aberrations du genre: mon fils est au sein lorsqu’il le rejette et se met à pleurer, « Il veut sa tétine, donne lui sa tétine! » bah oui lorsque son cousin pleure c’est qu’il lui faut la tétine, la logique veut donc que mon fils repousse mon sein car il veut son truc en plastoc.  Je dois donc expliquer que c’est juste un rôt coincé.« Tu es sûr que c’est pas la tétine qu’il veut? » (tout en cherchant l’objet du regard). Un blurp et un rejet plus tard « Ah oui! Mais elle est où la tétine, au cas où? ».


Donc voilà, avec la belle-famille, je me retrouve à devoir expliquer le moindre pleur ou tortillement de cul de mon bambin. Voulant à tout prix que ses envies, besoins et comportements collent à ce qu’ils connaissent (le bébé au biberon) ils ne cherchent pas à décrypter par eux-mêmes mon enfant. Ils cherchent donc à standardiser le petit, le militariser comme le fait leur aînée avec des horaires strictes pour boire et en quantité fixée (pas de variable possible). Sauf que voilà, qui dit allaitement dit à la demande, qui dit à la demande dit de 6 à 12 tétées par 24h.« 12 tétées, mais c’est trop, tu le gaves cet enfant! » Ah bon?!? Bien sûr, j’ai du confondre avec une oie, excusez-moi!

 

J’adore ma belle-famille, mais étant donné que mon petit 7.43 se comporte de manière totalement opposée à son cousin, c’est que je fais mal et/ou n’importe quoi. D’ailleurs mon fils à des RGO… c’est parce que mon lait n’est pas bon, c’est parce que j’ai mangé une merguez hier et bu du jus d’orange ce matin. Il a des coliques… c’est parce que j’ai mangé du choux il y a 3 semaines! Je les aime mais malgré le soutien de mon époux, j’étais au bord du craquage nerveux, ne pouvant pas les éviter, on vit dans le même immeuble, je sentais l’accident diplomatique arriver.

 

Et là, ce week-end, ma bouffée d’air frais, mon expatriée de belle-soeur est arrivée avec sa petite poupée anglaise. Avec leurs 10 petits jours d’écart, cousin cousine sont comme des jumeaux, ils ont le même rythme, les mêmes comportements et vont jusqu’à pleurer de la même façon. L’expatriée et moi sommes très similaires dans nos attitudes, dans notre maternité, je dirais même dans notre maternage. C’est donc après une tétée simultanée de cousine et de 7.43 que les tensions se sont envolées. Les similitudes sont telles que d’un seul coup je fais tout comme il faut, je suis passée de mère novice-incompétente à wondermum en une journée!!

 

Ce week-end, dans ma belle-famille, je me sens comprise, je peux discuter nichon sans qu’on me fasse des yeux ronds, je peux mettre bébé au sein sans qu’on me demande si c’est vraiment ce dont il a besoin.

 

Aujourd’hui je me sens bien, j’allaite en famille et pour une fois, j’adore ça!!!

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